Comment associer efficacement cours traditionnels et e‑learning ? Comment faire du blended learning ?

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Le développement des outils numériques et l’accès facilité à la connaissance modifient en profondeur les métiers d’enseignant, formateur, professeur. De nombreuses réflexions sur les pratiques pédagogiques sont actuellement menées dans les formations d’ingénieurs pédagogiques. Pour autant, ces nouvelles pédagogies s’appuient sur des plates-formes qui intègrent les versions numériques des documents de cours, sans changer réellement les pratiques. Et les enseignants/formateurs, manquent généralement de repères et de formations pour élaborer des scénarios d’apprentissage utilisant ces nouveaux outils. Nos expériences tendent à montrer qu’une pédagogie basée sur un apprentissage mixte (blended learning, association de e-learning et formation en salle) peut comporter de sérieux atouts. Cela surtout quand elle a été le fruit d’une démarche rigoureuse.

Pourquoi choisir une formation blended learning ?

Cette pédagogie se définit comme une association de séances de formation en présentiel et de périodes de formation à distance. Elle s’est développée au début des années 2000, grâce à l’évolution des outils numériques.

Le principe de l’apprentissage mixte, du blended learning, présente des intérêts évidents:

  • Elle permet de renforcer l’autonomie. Les étudiants/apprenants participent à l’organisation temporelle de la formation. Ils peuvent s’entraîner, identifier leurs points forts et leurs points faibles, effectuer des exercices complémentaires ou des auto-tests, échanger sur des difficultés via des forums, etc. Cette autonomie de l’étudiant/apprenant permet également de renforcer le statut de l’erreur : il peut se tromper, relire une partie de cours, recommencer… sans se sentir en échec.
  • Elle rend l’étudiant acteur de la planification de ses apprentissages. Il est amené à travailler de façon continue, avec seulement quelques contraintes liées à la programmation des séances en face à face.
  • Elle permet d’identifier les difficultés des étudiants et de personnaliser leurs parcours, l’enseignant pouvant visualiser les « profils » avec les erreurs récurrentes et ainsi proposer des retours personnalisés.
  • Elle permet également de centrer les séances en présentiel, sur des processus d’apprentissage de conceptualisation, qui débouchent ensuite sur la résolution de problèmes ; les processus de type « automatisation » pouvant être abordés en autonomie.

L’importance d’élaborer des scénarios pédagogiques

La démarche d’élaboration est indispensable : elle conditionne la réussite du dispositif. En amont, il est nécessaire d’identifier très clairement les objectifs de formation, puis de détailler ces objectifs en faisant émerger les différents formats de connaissances associés, ainsi que leur niveau de complexité.

En fonction, la stratégie d’alternance des séances peut être mise en place. À titre d’exemple, les connaissances de type automatisme, qui demandent une répétition des tâches, sont parfaitement adaptées à un travail en autonomie. Il en est de même pour des connaissances conceptuelles ou procédurales, dont le niveau de complexité est faible.

Les trois temps de formation d’un tel dispositif (séances en présentiel, périodes  d’autoformation, et modalités d’évaluation) doivent être définis et séquencés avec soin.

Que faire lors des séances en présentiel ?

Les séances en présentiel peuvent être de 4 types :

  • Une séance introductive pour expliquer le dispositif pédagogique et ce qui est attendu (objectifs de formation, évaluation, structure de la plate-forme, outils de communication étudiants/étudiants, étudiants/enseignants, modalités de suivi, etc.).
  • Des séances en classe entière, en nombre limité, focalisées sur ce qu’il faut avoir retenu d’un chapitre en termes de savoirs fondamentaux et en termes de savoirs méthodologiques.
  • Des séances de travaux dirigés, souvent associées à des tests courts sur des savoirs fondamentaux. Ces séances commencent systématiquement par une phase participative, avec des questions-réponses sur la partie de cours concernée.
  • Des séances de « devoirs encadrés », pendant lesquelles les étudiants travaillent en groupe. Ces séances ont lieu à la fin d’un chapitre et conduisent les étudiants à mobiliser des connaissances vues précédemment pour résoudre un problème.

Avec quels outils ?

Des plates-formes pédagogiques Moodle permettent d’organiser le suivi des cours.

Ici vous trouverez un exemple de l’Université Paul Valéry à Montpellier.

Entre chaque séance en présentiel, des périodes plus ou moins longues d’autoformation sont organisées via une plate-forme pédagogique « Moodle ». On y trouve:

  • Des vidéos courtes dédiées (ne dépassant pas 5 minutes) et centrées sur une notion essentielle : explication d’un principe, démarche d’application, technique de résolution, outils mathématiques à maîtriser, expérience, etc.
  • En regard de chaque vidéo, des auto-tests dédiés permettent à l’étudiant de s’assurer qu’il a bien compris les notions présentées. Ces auto-tests, souvent simples, renvoient à la lecture de la vidéo correspondante.
  • Des auto-tests basés sur des exercices standards. Ici, la mise en situation est inexistante ou réduite au minimum, l’objectif étant d’appliquer une formule ou une technique de détermination. Pour être efficaces, ces auto-tests nécessitent un ou plusieurs retours, afin que l’étudiant ne soit pas découragé, qu’il comprenne pourquoi il n’a pas réussi et qu’il surmonte la difficulté.
  • Des ressources complémentaires mises à la disposition des étudiants. Ces ressources (synthèses, exercices résolus, etc.) sont parfois élaborées par l’enseignant « au fil de l’eau ».

De plus en plus de plateforme LMS (Learning Management System) intègre la fonction blended learning. Ici nous vous parlons de Moodle, mais bien d’autres solutions sont à votre disposition.

Quelle évolution pour le travail quotidien de l’enseignant/formateur ?

L’élaboration, puis la mise en œuvre d’un tel dispositif pédagogique, conduisent l’enseignant, le formateur à faire évoluer ses pratiques. L’articulation des périodes de formation n’est pas une simple compilation de séances. Elle demande une réelle réflexion en amont sur les différents types de connaissances (procédurales, conceptuelles, automatismes, etc.).

Une définition précise des objectifs de formation et des difficultés attendues permetteront d’élaborer les supports de formation. Ce travail de préparation complexe et conséquent ne dépend pas directement du mode d’apprentissage. Mais la variété des outils utilisable en blended learning permet d’étendre le champ des dispositifs pédagogiques que l’enseignant peut mobiliser.

Que conclure sur le blended learning ?

L’enseignant, le formateur ne peuvent plus ignorer les pédagogies basées sur un apprentissage mixte, notamment dans l’enseignement supérieur. Ils devront les utiliser et alors, modifier leurs pratiques et mener une réflexion nécessaire sur ces nouveaux objets d’apprentissage.

J’espère que cet article vous aura fourni une piste de réflexion sur le blended learning. N’hésitez pas à me contacter à mathilde@kaouenn-elearning.fr si vous avez besoin d’un accompagnement spécifique.

Avez-vous besoin de conseils pour organiser vos formations mixtes (en salle/e-learning) ? Cet article pourrait bien vous intéresser.